Rétrospective Comblain

 

Chet sur Ourthe !

Le New Jazz Quintet,
de g à d Robert Jeanne (ts), Milou Struvay (tp) Charles Petitjean (cb),
coll. MJ (RJ)

A la tête d’une grande formation, Leo Souris dirige pour la première fois un Comblain Concerto écrit pour l’occasion.


Le Jump College de Bruxelles présente en invité un tout jeune guitariste qui n’a pas fini de séduire le public de Comblain - un certain Philip Cathrine (sic).


Du sextet de Jean Lerusse aux trios de Leo Flechet et Fernand Launoy, les groupes s’enchaînent, pas question de laisser retomber l’ambiance. Jusqu’au vétéran Roger Vrancken, qui ressort sa guitare de son étui en souvenir du temps où il faisait la pluie et le beau temps des nuits liégeoises avec Raoul Faisant !


Pour suivre, une sélection de musiciens européens au sein de laquelle on remarque le pianiste italien Romano Mussolini (eh oui, le fils de l’autre, on ne choisit pas ses parents !), le pianiste suisse George Grunz, la chanteuse italo-égyptienne Lilian Terry, et surtout, un orchestre envoyé par la Südwest-funk, avec pour principaux solistes les Allemands Albert Mangelsdorff (tb) et Rolf Kuhn (cl) et le Danois Bent Jaedig (tp).


Plus tôt dans la journée, on s’est offert une première incursion aux USA avec les Mello-Tones (l’orchestre de la 3° division blindée), mais il est clair que LA tête d’affiche de cette première édition, celui que les intrépides combattants de la pluie attendent au tournant du swing, c’est Monsieur Chet Baker.

Le saxophoniste liégeois Robert Jeanne a été le premier à répondre à l’appel lancé par Jazz pour Tous.

Juste retour des choses, c’est à lui que revient l’honneur d’ouvrir le feu, lorsqu’arrive enfin le grand jour.


A la tête d’un New Jazz Quintet où brillent notamment le trompettiste Milou Struvay et le batteur verviétois Félix Simtaine, il met en route une machine qui va tourner sans discontinuer jusqu’au coeur de la nuit!  Au menu de cette première édition, beaucoup de musiciens belges évidemment, à commencer par Jacques Pelzer (as) Sadi (vbes) et Christian Kellens (tb). Venus en free-lance, ceux-là grimperont à plusieurs reprises les marches du podium.

Le public belge aura toujours un petit faible pour Chet Baker. En 1959, ce qu’on aime chez lui, c’est sa musique bien sûr - cet idéal du cool exprimé à travers une gamme de climats et de sentiments en phase avec l’air du temps; mais c’est aussi son physique de jeune premier romantique, et ce que l’on connaît de sa personnalité chahutée (la dope, la prison, les femmes).


Le problème avec Chet, Napoli le saît, c’est qu’il est imprévisible! Et il va donner des sueurs froides aux organisateurs.

Alors que son avion devait se poser à Zaventem en cours de journée, il est près de 23h30 lorsque Chet arrive enfin à Comblain.

A cette heure, le gros du public a plié bagage, et il ne reste, sur le pré détrempé, que le clan des purs et durs ! Mais ceux-là ne regretteront pas d’être restés. Car Chet, après avoir joué et chanté son répertoire, restera sur scène pour la jam-session finale, avec Pelzer, Mangelsdorff, Kellens, Sadi, Grunz et la rythmique Eric Peter (cb) - Pierre Favre (dms).


Moment suspendu. Premier d’une longue série. Ça valait bien un rhume, pas vrai ?