Rétrospective Comblain
Rétrospective Comblain
Le Dère
Avec le recul, on est tenté de juger la 8° édition du Festival de Comblain à la lumière du verdict que lui a accolé l’Histoire : fini, terminé, l’aventure de Comblain s’achève en 1966!
Ce serait pourtant une erreur de perspective supplémentaire, car, si les organisateurs et une partie des Comblinois pressentent le danger que constituent pour l’avenir du festival leurs perpétuelles dissensions, le public, les musiciens, les gens quoi, auraient plutôt tendance à se dire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes bleus: qualitativement parlant, le programme est sans conteste supérieur à celui des premières éditions; les variétés sont depuis trois ans parquées dans la tente des teenagers; la promo semble redémarrer en force, avec la collaboration conjointe de la RTB et de Radio-Luxembourg (synergie qu’on n’imagine plus qu’avec peine aujourd’hui), et avec, dans le rôle du Matraqueur, jadis joué par La Meuse, l’hebdomadaire Moustique, qui consacre pas moins de quatre premières de couverture au Festival 66, organise des concours avec places gratuites à l’appui etc; la Poste émet une série de cachets “Comblain” sur lesquels se ruent les collectionneurs; la pluie elle-même semble moins acharnée; mieux, les “5 de Comblain”, que l’histoire avait séparés en 63, sont à nouveau réunis. A première vue en tout cas, car si Raymond Arets s’est remis à l’art du panégyrique dans les colonnes de Moustique, si Willy Henroteaux a repris ses fonctions de public-relation - il est maintenant administrateur délégué du comité organisateur côté village, Jean-Marie Peterken par contre, ne partage plus avec son vieux complice Nicolas Dor que le micro de présentation, Nicolas apparaissant désormais, dans l’organigramme du festival, comme le seul “assistant de production” officiel de Joe Napoli.
Un des plus beaux souvenirs philatéliques de Comblain,
coll RP
Lequel, conscient des révolutions de palais qui menacent son autorité suprême, s’accroche au Mythe qu’il incarne, mythe sans lequel Comblain ne serait plus tout à fait Comblain.
C’est sans doute pour consolider ce mythe porteur que l’ex-G.I. annonce à grand fracas deux scoops qui sont tout sauf innocents: primo, des accords avec la Sicile (de ses ancêtres), qui devraient aboutir à l’édition, en cinq langues, d’un livre consacré à Comblain - ou plus exactement (et la nuance est significative), “d’un livre illustré racontant la vie de Joe Napoli et toute l’histoire du Festival de Comblain” ; secundo, la présence sur le site d’une équipe de la NBC qui se dit intéressée par le tournage d’un film “ sur Joe Napoli et sur Comblain”.
Délires gentiment mégalos ou manoeuvres de la dernière chance d’un homme qui se sent traqué ? Sans doute un peu les deux.
Et comme si ça ne suffisait pas encore, Napoli offre au Bourgmestre de Liège une aubade jouée par les Ambassadors, en prélude au festival; et, succédant au Saint de 65, il annonce la présence à Comblain de Thierry La Fronde en personne (Jean-Claude Drouot) .
Sacré Joe, va !
Moustique met les bouchées doubles - hélas, Boulou ne sera pas présent à Comblain 66,
Coll RP
Les jeux-concours de Radio-Luxembourg avant RTL, coll JN