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Le Festival 1962 de Comblain-la-Tour a tenu ses promesses.
Il mérite, après quelques années de tâtonnement, le titre de Festival de Jazz (Aris Destombes, Jazz Hot 180 |
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| 4 et 5 août 1962. Comblain, an IV. Ces deux jours de festival, désormais, on les attend ferme, dans les milieux du jazz. On les attend dautant plus que pendant les 363 autres jours de lannée, le jazz a de moins en moins la cote. Les jazzfans ne sont pas les seuls à attendre, ceci dit: les sixties ne font que commencer et les teenagers sont trop heureux déchapper au carcan familial et de faire un gigantesque pied de nez à la morale de Papa, ne fut-ce quun week-end par an. Rien détonnant dans ces conditions si, cette fois encore, le public afflue massivement dès le samedi. Au total, plus de trente mille personnes pataugent, cette année-là, dans un grand pré qui, au fur et à mesure que la pluie le détrempe, se transforme en un immense bourbier. | |||||||||||
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Echaudés par les menaces et le début de grogne enregistrés en 61, les organisateurs ont, pour cette 4° édition, prévu deux prairies et deux podiums distincts, lun pour le jazz, lautre pour les teenagers, le twist et les Apaches. Pourtant, sponsors obligent, deux ou trois vedettes de variété restent programmées sur le grand podium. A leurs risques et périls. Si Jack Hammer (le roi du twist) est épargné (sans doute pour son passé de bluesman), le crooner Frankie Avalon par contre opère un repli stratégique lorsque les premiers rangs entonnent par dérision le début dUn clair de lune à Maubeuge ! La pauvre Sylvie Vartan devrait limiter: elle nen fait rien et se voit offrir une dégustation de tomates du pays non prévue dans le contrat! Cest que les jazzeux, fatigués de se faire entuber, ont décidé de riposter face aux usurpations. Au contraire, ils font un véritable triomphe à Sadi, au quartet Thomas-Pelzer (qui donne un concert les deux soirs), et, bien sûr, à LA star de lannée, Cannonball Adderley. |
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| René Thomas, désormais aussi indispensable à Comblain que son partenaire Jacques Pelzer, Ph © F. Constant. | |||||||||||
| Ces concerts, ainsi que ceux du trio de Lou Bennett (feat Philip Catherine), Jack Sels, ou Franco Ambrosetti, sont à lorigine des premiers chapelets de louanges publiés dans les revues hexagonales. Depuis 61, les magazines spécialisés français (Jazz Hot et Jazz Mag) envoient une équipe à Comblain. Le Festival dAntibes / Juan les Pins propose sans doute plus de têtes daffiche US, mais lambiance du grand pré, cet enthousiasme aussi, qui semble parfois donner des ailes à la musique, génèrent un feeling unique qui aimante les observateurs étrangers vers le microcosme comblinois. Heureusement dailleurs, parce que lensemble de la presse nationale belge na guère de commentaire musical pertinent à léguer à la postérité - ainsi, en 62, aucun quotidien belge ne semble avoir remarqué la présence du west-coaster Herb Geller ni de son partenaire Kenny Drew! Et la plupart de nos journalistes semblent avoir quitté le grand pré avant le début du concert de Cannonball Adderley ! Un comble, hein! |
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| Un des grands moments de Comblain, le concert de Cannonball Adderley ! coll MJ | |||||||||||
| A lheure des bilans, la presse belge bien-pensante relate par contre les premiers actes de vandalisme commis par les festivaliers (carreaux cassés, pompes à bière prises dassaut ): et plus insidieusement, elle admoneste avec virulence la liberté de moeurs quaffichent les jeunes à Comblain. Une liberté qui ne fera que croître lors des éditions à venir. | |||||||||||