" On s'intéressait vraiment à ce qu'on faisait, on écoutait beaucoup de disques avant nos émissions. On les faisait passer à plein volume sur les baffles du studio; on les écoutait attentivement pour pouvoir faire des commentaires sur antenne. "
(Nicolas Dor, J in T 41 )

Le moyen de diffusion numéro un, pour le jazz, c'est évidemment le live. Rien ne remplace le contact direct avec les musiciens.
Mais l'impact du disque et de la radio peuvent également s'avérer déterminant.
C'est à la Libération que le clan des parajazziques se fraye un créneau dans le "paysage audiovisuel": Carlos de Radzitsky et Albert Bettonville à Bruxelles, Nicolas Dor et Jean-Marie Peterken à Liège.
Au début des années '50, Radio-Liège retransmet régulièrement des concerts de Raoul Faisant ou Maurice Simon; Fernand d'Odémont anime chaque semaine des jams radiophoniques; et puis il y a ces fameux "concerts à l'usine" retransmis depuis l'une des industries de la périphérie.
Le tandem jazz de l’INR/RTB: de g à d Jean-Marie Peterken, Nicolas Dor, coll MJ
Mais c'est le 2 mai 1956 que les choses sérieuses démarrent vraiment, lorsque le tandem Dor-Peterken lance sur les ondes la première d'une émission qui restera à l'antenne 13 années durant!
L'enfant s'appelle Jazz pour Tous. Dès la première, les animateurs affirment leur volonté de ne pas se contenter de faire du "passe-disques" en amenant au micro …Stan Kenton. 1959 verra le début du Jazz pour Tous version télévisée.
Mais entretemps, un concert aura modifié la trame de l'histoire du jazz belge.
A l'époque, Jean-Marie Peterken préside également la section locale du Hot Club de Belgique, lequel organise, en 1957, une tournée de deux musiciens "west-coast" (les saxophonistes Bud Shank et Bob Cooper).
Chargé de mettre sur pied un concert à Liège, JMP obtient de Robert Georgin la prise en charge par la RTB d'une partie du cachet contre l'obtention des droits d'enregistrement. Marché conclu.
Et le lundi 18 mars, au Trianon, Liège vit au rythme de la Côte Ouest. JMP jubile. Il n'est pourtant pas au bout de ses surprises. Au moment du payement, il fait en effet la connaissance du manager des west-coasters, un certain …Joe Napoli. Qui lui parle des rapports privilégiés qu'il entretient avec les habitants d'un petit village des bords de l'Ourthe, Comblain-la-Tour. Anecdotes, échange d'adresses, cordialités diverses, on se quitte et on reprend ses activités, chacun de son côté.
La collaboration entre l'Américain et le Liégeois ne fait pourtant que commencer.
Le concert qui allait tout déclencher ! coll MJ (JMH)