“(Comblain sera)votre plus beau week-end de l’année”
(La Meuse, 6 et 7 août 1960)

Les 8000 personnes dénombrées sur le site ce deux août 1959, la qualité de la musique jouée par les quelque 150 musiciens ayant accepté de jouer le jeu, la persévérance avec laquelle des centaines de jazzfans ont bravé la pluie jusqu’à la dernière note de la jam finale (voire au-delà), le chapelet de louanges publiées dans la presse régionale dès le lendemain de l’événement, tout cela conforte les organisateurs dans la décision de remettre ça en 1960. En plus grand évidemment, histoire de démarrer la nouvelle décennie sur les chapeaux de swing.
C’est toujours la deuxième la plus dure, alors autant s’y mettre tout de suite.
Dès le mardi 4 août - le surlendemain du festival -, la Meuse titre: “En 1960, (…) Comblain peut devenir le Newport Européen” .
Et s’il faut passer de un à deux jours de festival, qu’à cela ne tienne, Comblain 60 aura lieu le samedi 6 et le dimanche 7 août.
En attendant, on décide d’entretenir la flamme en demandant à Jean Saint-Paul d’enregistrer avec son big band un 45 tours à la gloire du festival et de sa mascotte américaine:Salute to Napoli !
Cette envie de développer davantage encore le festival engage les organisateurs dans une chasse au sponsoring qui ira croissant au fil des années. En contrepartie, on met un soupçon d’eau dans son Martini, en acceptant de programmer, en plus des jazzmen, quelques vedettes de variété susceptibles d’attirer plus de monde encore qu’en 59 (Charles Aznavour, Petula Clark…). Pour contrebalancer cette orientation commerciale, le profil “Jazz et bonnes oeuvres” est maintenu : une partie des bénéfices de Comblain 60 ira à l’oeuvre du Père Pire. On ne change pas une équipe qui gagne: ceux qu’on appelle désormais les Cinq de Comblain (Joe Napoli, Jean-Marie Peterken, Nicolas Dor, Willy Henroteaux et Raymond Arets) sont à nouveau à pied d’oeuvre, assistés au village par une équipe qui, sous la houlette du Syndicat d’Initiative, commence à s’organiser de manière plus professionnelle elle aussi.
La promotion reste prise en charge prioritairement par La Meuse - qui double la dose de pleines pages annonçant le Festival - et le Grand Bazar de Liège.
Pour réaliser l’affiche, on met sur pied un concours centré sur le thème “Jazz dans la prairie”: c’est le projet de Leone Godinas, de Verviers, qui est retenu.
Côté nouveautés, en plus de la partie Music Hall du dimanche, un Tournoi d’Orchestres Amateurs, qui ouvrira la première journée.
Sur le site, les stands, buvettes, et autres guingettes se multiplient. On prévoit des parkings géants. Des trains spéciaux sont organisés et à leur arrivée aux Guillemins, les Festivaliers sont accueillis par un brass-band “comme à la Nouvelle-Orleans”.
Pour animer le Grand Bal de clôture, il y aura au micro un certain Jean-Claude Menessier.
Et lorsque le week-end fatidique arrive, le succès dépasse cette fois encore - et comment! - les espérances les plus folles !