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Jai vu pas mal de festivals, jai vu Chicago, jai vu Newport, mais ceci dépasse tout
(Kenny Clarke) |
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| Placée dans la bouche du père de la batterie moderne, cette exclamation situe la mutation que connaît le jeune festival en 1960. Dans les semaines fiévreuses qui précèdent lévénement, la presse aligne des chiffres étonnants: 200 vedettes, 48 orchestres et attractions, 15 nations. Mais ils ne sont rien en comparaison de celui qui fera la une de La Meuse au lendemain du festival: Le record mondial de Newport est pulvérisé ( ) Ils furent 20.000 dans la prairie. Même en prenant en considération la tendance à arrondir à lunité supérieure qui caractérise ce type de comptage, on ne peut que se rendre à lévidence: les photos, elles, ne peuvent mentir: cest une foule colossale qui se masse sur les bords de lOurthe le week-end des 6 et 7 août 1960 ! Et le dimanche en fin daprès-midi, malgré les parkings prévus, malgré la mobilisation de plusieurs corps de gendarmerie, un embouteillage monstre paralyse évidemment les routes daccès à Comblain, hier encore paisible village aux venelles étroites, aujourdhui catapulté capitale européenne du jazz. |
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| Les musiciens du Jump College doivent abandonner leurs véhicules et gagner le podium à pied, instruments au dos. Oh, bien sûr, tout ce monde nest pas venu dans le seul but de claquer des doigts et davaler des chorus; le programme de variété et la présence danimateurs vedettes (Jean-Claude, Arlette Vincent) ont probablement aimanté plus dun Comblinois dun jour; et le battage promotionnel hors-normes présentant le festival comme lEvénement de lannée ou presque, on imagine aisément que de nombreux pique-niqueurs sont à Comblain parce que cest là quil faut être ce week-end là. |
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| Charles Aznavour assure lintermède variété du Festival, coll. LM | |||||||||||
| Nempêche: les vrais jazzfans sont au poste eux aussi, et en nombre ! Notre regard blasé sétonne de ce rassemblement des forces vives du jazz autour dune affiche certes attractive, mais où ne figure aucun des géants médiatiques (Armstrong, Duke, Ella
): mais en 1960, la présence simultanée de Kenny Clarke, Chet Baker (qui rempile), Bill Coleman et Helen Merrill est une véritable providence ! Dautant quils sont entourés de la crême du jazz européen: Martial Solal (F) Yoki Freund, Albert Mangelsdorff (D) Rita Reys (PB) Dusko Goykovic (Youg), Eric Moseholm (DK) etc. Sans oublier Jacques Pelzer, Leo Souris, qui joue une Suite pour Comblain à la tête de ses Five Cats, dirige lensemble à cordes qui accompagne une partie du répertoire de Chet et dHelen Merrill, et accompagne des films muets offerts par la MGM; ou Jack van Poll, qui remporte le Tournoi du samedi. Jusquau soleil qui est venu faire la nique aux parapluies des récidivistes prudents! |
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| Si on en croît la presse, 10.000 festivaliers sont toujours sur le site lorsque commence la jam finale. Cette fois encore, cest le feu dartifice: Chet, Kenny, Jacques, Dusko, Martial et les autres, réunis pour un de ces lumineux voyages au bout de la nuit dont le jazz a le secret . Au terme de ce dimanche, tout le monde sait que laventure nest pas finie. |
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Lapothéose du deuxième festival: la jam-session, avec de g à d Dusko Goykovic (tp) Chet Baker (tp) Martial Solal (pn) Benoît Quersin (cb) Kenny Clarke (dms) Lennart Jonsson (bs) Jacques Pelzer (as), coll LM
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