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Jacques Pelzer |
Sundance Jazz |
15 mars 2001 |
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| Jai découvert le jazz non pas par les sons mais par les mots: ceux du romancier beat Jack Kerouac. Ses descriptions de la nuit chaude, grandiose, affolante du San Francisco des années50 et de ses boîtes de jazz enfumées, bien et mal famées, saupoudrées de sciure de bois, où les sax ténors sauvages couinent, beuglent, soufflent soufflent soufflent à la quête du It, où les femmes à peau de miel brûlé et aux jupes fendues se saoulent, juchées sur des tabourets, où lon sue, où lon ahane, où lon geint, où lon frappe du pied et bat le rythme en entrechoquant voire fracassant les bouteilles de vin, ses descriptions, disais-je, sont pour moi les plus belles pages écrites par un Blanc sur la musique noire. Ce sont ces descriptions, authentiques chorus photographiques remplis de cris, déclaboussements et de satori, qui mont ouvert les portes dun univers passionnant : le jazz. Cela fait deux ans que je dessine autour du thème du jazz. Quoi de plus normal et de plus approprié finalement, pour quelquun qui dessine essentiellement à lencre de Chine et qui voue un culte aux grands maîtres de la spécialité que sont Pratt, Brescia, Munoz, Comes, Beardsley...? Pratt nétait-il pas ami avec Gillespie et le Dizz lui-même na-t-il pas intitulé un de ses morceaux Kerouac ? Boum. Ca colle. Tout se tient. Bueno. Que disais-je?... Boire un dernier whisky aux aurores dans un bar de New York, sassoupir un sax au cou dans la salle dattente dun aéroport, se réveiller décapsulé au lendemain dune jam-session dans un hôtel miteux à Harlem et sappeler Coltrane, Monk, Parker, Kirk, Davis ou Mingus, ce nest plus seulement boire un whisky, attendre un avion, se réveiller..., non, cest plus que ça : cest être jazz. Y. Budin |
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