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Chroniques 05-2009 Version imprimable Suggérer par mail

CHRONIQUES LIVRES

« Le Roi Invisible », Gani Jakupi, Futuropolis.« Le Roi Invisible », Gani Jakupi, Futuropolis.

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Comment peut-on passer de la gloire à l’oubli ? de l’adoration à l’invisibilité ? C’est ce que nous propose de découvrir Gani Jakupi dans sa BD « Le Roi invisible. Un portrait d’Oscar Alemàn ». A travers un montage alterné en sept tableaux, Jakupi nous conte l’histoire de ce guitariste prodigieux qui a traversé l’histoire du jazz pour tomber dans l’oubli. L’histoire commence par la descente d’avion du Duke à Buenos Aires en 1978 où il demande à la horde de journalistes venus l’accueillir des nouvelles de son vieil ami Oscar. C’est l’effarement dans la troupe… mais qui est Oscar Alemàn ? Un journaliste se met en quête et remonte de flash-back en en flash-back, de Paris à Buenos Aires en passant par Madrid, le fil de la vie tourmentée d’Oscar. Accompagnant Joséphine Baker, ami de Django, du Duke et de Satchmo entre autres, il reste dans certaines mémoires comme un guitariste virtuose. Jakupi au scénario et au dessin offre une BD sèche et touchante comme un solo de guitare. (CC)


« Le Musée de la Musique », Collectif, Somogy Editions.

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Dans le merveilleux cadre de la Cité de la Musique à Paris se trouve depuis 1997 le Musée de la Musique. A travers les siècles, les instruments sont collectés, restaurés, exposés, mis en scène dans leur contexte historique et social. En prélude (ou support) à une visite parisienne, ce livre donne un aperçu en 120 pages de la richesse de l’histoire musicale. Ainsi peut-on croiser les violons de Stradivari, le piano de Chopin, la Selzmer de Django ou le synthé de Frank Zappa. Un cd inclus permet d’entendre certains de ces instruments exceptionnels tels le « cornet à bouquin » ou la « pochette » de Jean-Baptiste Lully. Un ouvrage  qui ne laisse qu’une petite place au jazz à travers le Hot Club de France, regrettable mais pas plus mal côté que « la chanson et le rock & roll »… (CC)


 

CHRONIQUES CD's

 

Madeleine Peyroux, « Bare Bones », DECCA.

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Il est bien loin le temps où la petite Madeleine faisait la manche dans le métro parisien… « Bare Bones » est le quatrième album de la charmante Madeleine Peyroux et le plus personnel peut-être. A travers onze titres écrits de ses mains  elle nous parle de ses états d’âmes, de ses rêves, de ses douleurs. Evidemment chez Madeleine il y a d’abord la voix expressive (qui rappelle la grande Billie Holiday), il y a aussi l’interprétation sensible (souvenez-vous du « Dance me to the end of love » de Leonard Cohen) et aujourd’hui des textes évocateurs tels « Rivers of tears » ou le très beau « Love and treachery ». Un album presque hypnotique à laisser tourner en boucle. (CC)

 



Nicolas Thys, « Virgo », Pirouet.photo

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Depuis 1996 le contrebassiste Nicolas Thys navigue entre l’europe et new-york. Il dépose son sac le temps d’un enregistrement au New Jersey puis file pour le mixage à Munich pour donner naissance aux 6 morceaux de « Virgo ». Des compositions qui laissent s’exprimer chaque instumentiste, pêchés au fil de ses escales étasuniennes, Chris Cheek au sax tenor, Ryan scott à la guitare, jon cowerd au piano et le batteur de Norah Jones Dan Rieser. Nic Thys crée des ambiances feutrées sur de longues plages, des mélodies simples mais pas simplistes dans lesquelles on peut se plonger aisément. Un troisième album en tant que leader à saluer à côté de son travail de sideman éclectif et souvent pertinent. (CC)



WYNTON MARSALIS , « He and She », Blue Note.

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Tant pis pour les détracteurs de Wynton Marsalis, mais ce disque est une fois de plus un pied de nez cinglant aux attaques simplistes dont il fait l’objet depuis ses débuts. Si son quintet actuel (celui de from the Plantation to the Penitentiary) peut à première vue sembler moins brillant que certains de ses prédecesseurs, à mieux l’écouter on se rend compte qu’il y gagne en cohésion et en intensité (et lorsqu’en live, le fabuleux tapdancer Jared Grimes se joint au groupe, comme à Marciac en 2007, c’est carrément l’extase). He and She  est une sorte de concept-album comme on disait en ces temps là, consacré au couple et à son arithmétique changeante (1 + 1 = 2 ? 1 + 1 = 1 ? 1 + 1 = 0 ? 1 + 0 = 0 ?). Les pièces de cette suite parcourent à nouveau l’histoire du jazz et celle des rythmes, mais toujours avec ce sens de l’architecture et ce travail du son qui doivent tant à Mingus qu’au Duke. Du swing à la valse (très présente sous toutes ses déclinaisons), du rubato au danzon, du shuffle au groove, le voyage, ponctué de petits poèmes dits par le leader, est passionnant. Le temps où Wynton le neo-bopper pouvait être accusé de froideur est bien loin, et ses partenaires valent tous le détour : si on connait le bouillant Ali Jackson depuis un certain temps, on apprend à mieux connaître le saxophoniste Walter Blanding, le puissant bassiste Dan Nimmer, et l’étonnant Dan Nimmer au piano, dont les réjouissants accès de garnerisme sont aussi anti-politiquement corrects que possible. Un grand disque.
(JPS)




Benny Golson, New time, New’tet ? Concord Jazz (Universal)

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Dès les premières notes de Grove’s Groove, on sait dans quelle pièce on joue ! Ce New Jazztet de Benny Golson, loin des velléités de coller à l’air du temps, reprend la démarche de l’antique jazztet là où elle avait été interrompue. Et on a vite compris que rien ne réussit mieux à Golson que cette musique là. Le line up prend la forme d’une sorte d’All Stars neo-bop mêlant anciens maîtres et jeunes enthousiastes, avec une mention spéciale pour Steve Davis, qui signe quelques superbes soli de trombone. Le plaisir, aussi, de retrouver Eddie Henderson dans ce contexte. A noter aussi une reprise vocale du légendaire Whisper not par un certain Al Jarreau ! Un disque sans esbrouffe, de ceux qui font du bien par où ils passent. (JPS)
 

Dernière mise à jour : ( 06-05-2009 )
 
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