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Chroniques 03-2010 Version imprimable Suggérer par mail

 

 CHRONIQUE LIVRE

 

Han Bennink – De wereld als trommel

Erik van den Berg - Uitgevrij Thomas Rap - ISBN 978 90 6005 671 4


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Nous venons de recevoir la monographie consacrée par Erik Van den Berg à un des personnages les plus étonnants de l’histoire du jazz européen : le batteur hollandais Han Bennink.

Avec lui, c’est toute une frange de cette histoire qui nous est restituée, l’homme ayant fait ses débuts dans le jazz le plus traditionnel, avant de découvrir le jazz moderne (qu’il pratiqua notamment avec un certain René Thomas) puis de devenir avec Albert Mangesldorff et Fred Van Hove une des icones de la mouvance free européenne.

Bon, ok, c’est en néerlandais, mais faites un eff ort, ça vaut le détour, il y a des photos superbes et en bonus, un surprenant CD anthologique survolant la carrière de Bennink : et notamment quelques faces swing à la Goodman en 55 avec son papa clarinettiste (Rein Bennink), un enregistrement du quartet de Piet Noordijk et Misha Mengelberg, un solo joué par Han au Festival de Newport en 1966, le trio de Rollins en 1967, le trio de Art Hodes (eh oui) en 83 et, quand même, 20 minutes de free déjanté en duo avec Mengelberg en 1978.

Une pièce importante du puzzle.

JPS                                         

                                    


 

CHRONIQUE CD

 

Odes à Billie

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Depuis quelques années, les Hommages aux légendes du jazz pullulent, avec plus ou moins de pertinence, plus ou moins de bon goût, dans un espace musical situé entre clônage et relecture dénaturée. Voici que sortent coup sur coup deux hommages pour le moins surprenants à Billie Holiday.

Eleanora Fagan (1915-1959) (Universal) de Dee Dee Bridgewater et Billie, le nouvel opus du groupe français Poum Tchack (La Fonderie - Aix). Aux antipodes du clônage, ces deux hommages risquent de surprendre ou de décevoir les fans de Billie, désireux de retrouver à travers ces relectures de ses chevaux de bataille, un peu de l’incroyable flux émotionnel qui se dégage de la moindre parole de la dame. Le pari est tout autre, et ces deux albums risquent par contre de plaire, le premier aux amateurs de swing bien groovy, le second aux amateurs d’Ovni musicaux.

Dee Dee reste au coeur de l’idiome jazz (secondée en cela par les saxophones de James Carter, le piano d’Edsel Gomez, la contrebasse de Chris Mc Bride et la batterie de Lewis Nash - que du beau monde) mais ses interprétations, très swinguantes, évoquent davantage l’univers d’Ella (dont Dee Dee est d’ailleurs naturellement plus proche) que celui de Billie.

Quant à Poum Tchack, découvert il y a quelques années dans un univers de swing manouche déjanté et métissé de chant à la Tom Waits, c’est carrément à un déphasage absolu qu’ils nous convient ici, aux confins d’un rock désenchanté aux mélodies joliment chaloupées.

A noter encore que 1. l’hommage de Dee Dee est proposé en deux formules : CD simple ou CD + DVD, ce dernier reprenant le même répertoire, par ailleurs bien filmé, et joué au Festival de Vittoria-Gasteis. 2. les trois supports proposent une version de Strange Fruit, avec dans le cas de Dee Dee une préférence marquée pour la version DVD

la version de Poum Tchack repose quant à elle sur un texte habilement modifié : plus de lynchage au menu, mais une réflexion sur la pollution des mers, eh oui, au Southern trees bear strange fruits s’est substitué un Southern seas bear strange boats… Habile transposition !

JPS                              

 


        
Yves Peeters Group, Sound Tracks, W.E.R.F. (082)

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Yves Peeters a réuni autour de lui des musiciens parmi les plus demandés et les plus créatifs de Flandre (prenez par exemple Nicolas Thys, officiellement actif au sein de 15 formations !) et il a franchement bien choisi.

Outre le singulier Nicolas Kummert et l’incontournable Nicolas Thys, l’originalité de ce disque réside dans le jeu et les sons de guitare. Ici, oubliez les habituels plans à la Wes, les influences bossa, le son souvent synthétique et froid des distortions utilisées par les jazzmen. Frederik Leroux et Geert Hellings sonnent «vrai». Ils sonnent blues et rugueux, slide et poussiéreux, quelque part entre Ry Cooder et Ali Farka Touré (je me comprends, c’est déjà ça).

Il faut dire que les compositions, modales et aérées à souhait s’y prêtent merveilleusement. Au milieu de cet espace, le lap steel de Geert Hellings fait des ravages (voir New Mexico Epilogue). Il y a là des consonnaces africaines évidentes et heureuses.

Et Yves Peeters, me direz-vous, que fait-il? Il compose la plupart des titres, insufle le flux qui traverse l’album, en rondeur et en sobriété (son seul solo du disque est une intro aux mailloches). Son jeu relève plus de la respiration que de la rythmique pure, et c’est un compliment. Il nous gratifie surtout d’une oeuvre qui n’est pas un bon disque de jazz, mais un bon disque de musique, tout court !

SP                                 

                                               


Klezmik Zirkus, 13,Chemin des mandarines,
Homerecords.

 

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Nouveau cd pour Klezmik Zircus : "Poussez la porte du 13, chemin des Mandarines : la lumière est accueillante et tamisée. Une chanson poétique traverse la proche rue des Pierres. Au loin résonnent les cuivres effrénés d’un freylach, les sons électriques de Montréal, des ritournelles qui se souviennent de l’Europe de l’Est. Voyages au pays contrasté de Klezmic Zirkus... Ici ou là-bas. Hier ou aujourd’hui. Les yeux mi-clos ou grands ouverts. Peu importe, c’est l’intensité qui compte"

à savourer dans son salon mais surtout à vivre en live en concert, ça tombe bien la tournée démarre...

 

CC                                             

 

Dernière mise à jour : ( 03-03-2010 )
 
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