

| Chroniques 09-2010 |
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CHRONIQUE CD
Oran Etkin, Kelenia (Motéma 233048) Après un superbe concert au festival de Comblain-la-Tour, la musique d’Oran Etkin peut se partager via «Kelenia», un album mêlant habilement jazz moderne, musique klezmer et chants traditionnels maliens. L’osmose avec les musiciens maliens (Balla Kouyate au balafon et Makane Kouyate calabash et voix) hypnotise littéralement l’auditeur. Le clarinettiste américain d’origine juive mêle habilement, à travers ses compositions ou réinterprétations (magnifique version africaine de It don’t mean a thing), les racines du jazz et la «world music» (au sens noble du terme) via les diverses rencontres qui le nourrissent. CC
Frankinet-Hermans, Insight Pictures (AZ1019)
Le duo s’adjoint sur quatre morceaux les vibrations de la contrebasse de Jean-Louis Rassinfosse ce qui amplifie encore l’esthéthique du projet. CC
Wynton Marsalis Lincoln Center Orchestra feat Paco de Lucia
On peut aimer ou ne pas aimer Wynton Marsalis. Mais à moins d’être de très mauvaise foi, on peut difficilement lui reprocher un manque d’initiative, d’énergie et de créativité. Pour cette Vitoria Suite en 12 mouvements, il remet sur les rails la machine de guerre qu’est le Lincoln Center Orchestra et il lui adjoint comme invité pour le moins inattendu… Paco de Lucia ! Voilà bien une figure marquante des années ‘70/’80 dont on n’avait plus guère entendu parler, à moins d’être un authentique afficionado. Paco de Lucia ! LE Paco de Lucia, 63 ans et dont le langage n’a apparemment rien perdu de sa flamme. Attention toutefois aux libellés : le guitariste n’intervient que sur deux des 12 mouvements (Buleria el Portalon et le très beau Deep Blue), idem pour les autres guests : le pianiste Chano Dominguez joue sur un titre et les percussionnistes et spécialistes du clap-handing ole ole (des palmas, quoi, on se comprend) sur trois. Le caractère hispanisant des autres mouvements et le rapport général et revendiqué de l’oeuvre au flamenco est assez discret (quoique présent) et l’essentiel de ce double CD est bien le fait du Lincoln Center et de ses solistes (citons, outre Wynton, le trompettiste Marcus Printup, les sax Walter Blanding, Shirman Irby et Ted Nash, le pianiste Dan Nimmer, le batteur Ali Jackson (le superbe quintet actuel de Marsalis est un peu le band within the band de cette mouture).L’ensemble swingue de bout en bout et a été enregistré lors de l’édition 2009 du fameux festival de Vitoria-Gasteix (d’où son titre). L’histoire d’amour entre Wynton et les festivals européens continue ; pour la petite histoire, Inaki Anua avait initialement demandé à Marsalis d’écrire un blues pour le 25ème anniversaire de son festival: Wynton a souri, Inaki lui a dit “Well, say no but please, stop smiling” et Wynton lui a répondu qu’il avait juste un peu de mal avec les pièces courtes : et il a fini par sortir de son chapeau cette suite en 12 mouvements - comme les 12 mesures du blues, cohérent, au fond ! Et ce n’est pas tout : comme ça devient une (très bonne) habitude, le box contient également un DVD qui reprend une heure de reportage sur le “making off” de l’oeuvre, avec interviews, extraits de concerts etc. Rien à jeter ! JPS
CHRONIQUE LIVRE
Paolo Parisi, Coltrane A Love Supreme (Editions Sarbacane)
Largement inspirée de l’ouvrage de Lewis Porter (Blue Train : la vie et la musique de John Coltrane), cette BD se présente sous la forme de chapitres marquants dans la vie du musicien. Enfance, collaborations, drogue, famille, apprentissage, révolte. Ces thèmes se succèdent dans un anachronisme judicieux, sans doute car ils sont tous abordés sous l’angle de la nature de de Coltrane : timidité, profondeur, recherche, travail, générosité. Reflet d’une époque mouvementée du point de vue social et musical Coltrane / A Love supreme, est à la hauteur de l’ambition : lier la lecture à l’écoute. La qualité et l’intelligence font de cette bande dessinée un ouvrage qu’on a du mal à fermer avant la fin. SP |
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| Dernière mise à jour : ( 02-09-2010 ) |
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