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CHRONIQUE CD
Pierre Vaiana, Itinerary Siciliani(AZ 1020)
Il fut un temps où
l’ambition majeure des
jazzmen européens était de
jouer comme leurs maîtres
américains. Etre comparé
à tel ou tel grand soliste
US était le plus beau des
compliments qui se puisse
imaginer.
Les choses ont
bien changé. Le jazz européen a pris ses marques dès
les années ‘60/’70, au temps du free et du jazz-rock
puis s’est défi nitivement imposé avec la galaxie ECM
puis avec les 1001 rencontres entre jazz et substrats
autochtones (Garbarek et les mélodies scandinaves,
Jorge Pardo et le fl amenco, Gilad Atzmon et les
traditions israelo-palestiniennes etc).
Pierre Vaiana fut,
en Belgique, un des premiers à revisiter ainsi ses racines
siciliennes (avec pour aboutissement le superbe projet
Al Funduq).
On le retrouve ici en compagnie d’une
vieille connaissance : le pianiste Salvatore Bonafede,
rencontré jadis à New-York et avec qui il avait enregistré
le CD Shakra. Moins directement “ethnique” qu’Al
Funduq, plus ouvertement jazz, Itinerari Siciliani est
davantage aff aire de sentiment, de rapport aux racines,
de vécu, de “famille” au sens le plus large du terme.
Pierre Vaiana considère cette musique “comme une
sorte de blues profondément enraciné dans les collines
et les villages de Sicile, un blues parlé et chanté dans
ce merveilleux langage que nous chérissons”. Mélodies
bouleversantes, lyrisme contenu, universalisme du
voyage et des rencontres, irréductibilité du temps qui
passe. Sur quelques titres, Manolo Cabras et Lander
Gyselinck apportent leur pierre à ce bel édifi ce de
gestion de la mémoire. Une nouvelle étape, sensible et
intimiste, dans la quête musicale et humaine de Pietro
Vaiana. (JPS)
De Ferre Trio, Live 2010 (Discos Chungos Productions)
Voici un disque
auquel nous avons
modestement participé.
En effet, il a été enregistré
en partie au Petit Théâtre
de l’Opéra de Liège et à
la Ferme du Biéreau de
Louvain-La-Neuve, dans le
cadre de nos Midis du Jazz.
Le répertoire de De Ferre se situe principalement dans
les années 20 et 30. Autant dire que les influences
sont à rechercher chez Robert Johnson et Skip James
plutôt que dans le style de Chicago. De l’acoustique,
donc, avec beaucoup de slide et surtout de feeling -
condition nécéssaire pour interpréter ces chansons
dont la subtilité contraste avec leur aspect rugueux.
Et à ce petit jeu, Fernando Nerris (chanteur/guitariste)
et ses compères s’en sortent vraiment bien. La section
rythmique, véritable soutien, arrive à donner du relief
aux morceaux sans dénaturer leur essence. Bien que
ce groupe soit à mon sens à découvrir en priorité
sur scène, l’aspect «live» de l’enregistrement le rend
vivant.
Ce disque n’étant pas distribué, je ne peux
que vous conseiller d’aller voir De Ferre en concert, de
boire une bière, fermer les yeux et les rouvrir à la fin
de la prestation en même temps que votre portefeuille,
et de sortir 5 euros pour acquérir ce disque qui en vaut
franchement la peine. (SP)
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