Flagey Jazz Stories
LE JAZZ BELGE 5 conférences vidéo par Jean-Pol Schroeder
Le dimanche à 11 h
On plonge dans le jazz à Flagey avec un cycle de videos-conférences qui comportera 5 volets, balayant chronologiquement le spectre de l'histoire du jazz en Belgique.
A la question, 'y a t-il un jazz belge ?', Jean Pol Schroeder, notre guide dans cette aventure, répond avec humour : 'Le jazz belge n'existe pas. Mais quelle grande et belle chose que le jazz en Belgique!'. L'homme est une encyclopédie vivante en la matière et concilie passion et vie professionnelle par une double casquette de conservateur et d'animateur de la Maison du Jazz à Liège. Avec comme marotte l'envie de faire partager son amour à tous les curieux… Du jazz pour tous !
On le suivra étape par étape de novembre à mars, depuis les pionniers jusqu'au jazz contemporain, en passant par les grands noms qui ont fait l'histoire du jazz belge.
Dimanche 23.11.08 : Les pionniers
Ce premier volet évoquera d’abord la préhistoire du jazz en Belgique (les Minstrels shows et le ragtime principalement).
Seront ensuite évoquées les années ‘20, avec l’arrivée des premiers jazzbands US en Belgique, le travail des pionniers belges, John Ouwerx en tête, les premiers grands parajazziques (Felix-Robert Faecq et Robert Goffin).
Arrivent ensuite les années ‘30, l’âge d’or du big band swing et les figures de Stan Brenders, Fud Candrix et Jean Omer. Puis surgit la guerre et ses paradoxes, l’apparition des premiers grands solistes (Jean Robert, Victor Ingeveld, Raoul Faisant…) et le jazz coincé entre les statuts de musique d’occupation et de musique de résistance.
Coupé de l’Amérique, le milieu jazz s’organise.
Dimanche 07.12.08 : La grande génération (1)
Nés dans un mouchoir de poche, originaires de Liège, Bruxelles ou Anvers, une douzaine de jazzmen belges vont, dès la libération, exploser sur la scène belge puis internationale.
Au sein des Bob Shots, première formation be-bop européenne, s’imposent Bobby Jaspar et Jacques Pelzer. Avec le fascinant guitariste autodidacte René Thomas et le vibraphoniste andennais Sadi, Jaspar s’installe à Paris, où la colonie belge, qui inclut également le contrebassiste Benoit Quersin, constitue la pointe avancée du jazz hexagonal.
Jaspar et Thomas franchiront ensuite l’Atlantique pour jouer avec les plus grands jazzmen américains, tandis qu’en Belgique, le monde du jazz belge se divise entre les professionnels, de moins en moins jazz, et les amateurs ou semi-pros, dominés par Jacques Pelzer et qui, comme les grands exilés, explorent les nouveaux styles en provenance des States.
Dimanche 18.01.09 : La grande génération (2)
Tandis que les Bob Shots dominent la scène liégeoise, au lendemain de la guerre, à Bruxelles, un jeune guitariste joue à Bruxelles au coeur du Jazz Hot : converti à l’harmonica, auquel il confère ses lettres de noblesse, Toots Thielemans démarre une carrière prodigieuse qui le mènera comme Jaspar et Thomas à s’imposer aux Etats-Unis et dans le monde entier.
Dans le même temps, le pianiste Francy Boland entame un parcours de pianiste et surtout de compositeur et d’arrangeur : avec le batteur Kenny Clarke, il dirigera dans les années ‘60, le meilleur big band euraméricain.
En Belgique (avec des incursions à l’étranger, en Allemagne singulièrement), le saxophoniste Jack Sels, le contrebassiste Roger Van Haverbeke et quelques autres effectuent eux aussi un parcours saisissant.
Dimanche 08.02.09 : Transition years
Les années ‘60/’70 sont des années à part : l’ascension du rock et la radicalisation du free-jazz écartent le grand public et les jeunes du jazz, qui devient une musique pour happy few. Paradoxe lumineux, les grands festivals, Comblain la Tour puis Bilzen, Middelheim etc, regroupent chaque année les plus grands jazzmen internationaux.
Plus présent dans le Nord du pays (Gand, Bruges, Anvers), le free-jazz s’organise autour du pianiste Fred Van Hove.
Dans les années ‘70, un lent retour du public vers le jazz s’effectue à travers le jazz-rock et des groupes comme Placebo (Marc Moulin), Solis Lacus (Michel Herr) etc tandis qu’une personnalité se dégage largement du lot, le guitariste Philip Catherine, figure majeur du jazz-rock mais aussi partenaire des grands jazzmen US exilés.
A la fin de la période, tandis que l’industrie discographie renaît de ses cendres, le milieu se réorganise au travers d’une association de musiciens basée à Bruxelles, les Lundis d’Hortense.
Dimanche 08.03.09 : Le jazz belge contemporain
L’impulsion donnée par les Lundis d’Hortense voit aparaître sur la scène de nouvelles générations de jazzmen talentueux. Les écoles de jazz apparaissent, à commencer par le Séminaire de Jazz du Conservatoire de Liège, où enseignent les jazzmen belges mais aussi de futurs grands noms du jazz américain comme Bill Frisell. Dans ce créneau, se forme une génération de musiciens aventureux qui mélangent les influences au sein de formations phares comme Trio Bravo ou la Grande Formation. Tandis que les infrastructures (clubs, magazines, maisons du jazz, écoles, agences…) se consolident, les années ‘90 voient le milieu belge se partager entre tendances avant-gardistes (autour du noyau d’Aka Moon notamment, mais aussi de toute une nouvelle fournée de jeunes jazzmen flamands), mélodistes de tendance européanisante (Nathalie Loriers) et tendances neo-classiques (Bert Joris, Eric Legnini, Brussels Jazz Orchestra etc). Le début du nouveau millénaire est également riche en jeunes musiciens boulimiques (Pascal Mohy) qui semblent avoir assimilé toute l’histoire du jazz.
|