CHRONIQUES 11/2008 
PATRICIA BARBER : The Cole Porter Mix (Blue Note) JOE LOVANO : Symphonica (Blue Notye) DAVE HOLLAND : Pass it on (Universal) RON CARTER : JAzz et Bossa (Blue Note)
Difficile de rendre compte dans le détail de l’ensemble des nouveautés discographiques. Quelques mots cependant de quatre CD’s qui méritent le détour. Celui de Patricia Barber, d’abord, qui revisite à son tour Cole Porter et qui confirme la place centrale qu’elle occupe aujourd’hui dans le jazz vocal (à pointer quelques soli sulfureux de Chris Potter - sur Just one of those things notamment). Joe Lovano aime varier les plaisirs et les formules orchestrales. Avec le big band de la WDR au complet, cordes comprises, il nous propose un album au titre qui fait peur (Symphonica). Rentrez vos peurs, s’il contient de beaux passages romantiques façon “machin + strings”, il comprend aussi de fulgurantes aventures musicales et l’ensemble, plutôt bien dosé, a de quoi satisfaire largement les fans du Joe. Les bassistes sont aussi à l’honneur. Si le dernier Charlie Haden (version country) ne m’a guère convaincu (et pourtant qu’est-ce que j’adore Charlie Haden), le nouvel opus de Dave Holland par contre est du niveau de ses prédécesseurs : avec Robin Eubanks, Antonio Hart, Alex Sipiagin, Mulgrew Miller et Eric Harland, Holland nous offre une musique toujours aussi musclée et inventive, qu’on redécouvre à chaque écoute. Un bon point aussi pour le projet Jazz & Bossa de Ron Carter, que je trouve personnellement plus convaincant que le récent projet Dear Miles : avec Javon Jackson et Stephen Scott entre autres, tous deux anciens Messengers, Carter nous fait redécouvrir quelques grands classiques de la bossa (Wave , Chega de Saudade ) mais il latinise également le Whisper not de Benny Golson. Gentil mais plaisant. (JPS)
DIRK SUTRO & STEPHAN KOECHLIN - LE JAZZ POUR LES NULS (First Editions). 
Après avoir survolé la bête (400p), je peux vous dire que ça à l’air plutôt sympathique comme panorama du Jazz. La formule « pour les nuls » a fait ses preuves et dans ce cas-ci, on débute par les bases et origines, puis l’histoire du jazz dans les grandes lignes (faisant presque l’impasse sur Keith Jarrett ou Herbie Hancock notamment), le jazz et la culture populaire, jouer le jazz, pour terminer par quelques conseils (non exhaustifs !) de discothèque idéale ou infos annexes pour aller plus loin … Le plus pertinent semble quand même être la préface de Michel Contat, mais ne crachons pas dans la soupe, si après lecture vous voulez compléter votre voyage jazzique consultez le syllabus de monsieur Schroeder… (CC)
MAYA ANGELOU - Tant que je serai noire ( Les Allusifs). 
Tant que je serai Noire est l’autobiographie d’une femme admirable qui a particulièrement marqué son époque. Maya Angelou raconte sa vie riche en rebondissements avec authenticité et sans complaisance. Cette existence dévouée à l’égalité et à la liberté se distingue par une déterminante implication politique, culturelle et sociale. Son odyssée captivante, qui se situe entre les années 1957 à 1964, raconte ses années effervescentes de l’affirmation des droits des Noirs en Amérique et en Afrique. Il s’agit du deuxième volume de son autobiographie qui en compte cinq. Après Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage (Belfond, 1990 et 10/18, 1994), Tant que je serai noire poursuit le récit de la vie de Maya Angelou à partir de 1957 lorsqu’elle décide de quitter la Californie pour partir avec son fils Guy s’installer à New York et y devenir écrivaine. Les années relatées ici sont intimement liées aux événements de la vie intellectuelle de Harlem à cette époque. Maya Angelou assure sa survie en chantant et en dansant. Parallèlement à cette vie exigeante, elle se consacre à son vrai métier: devenir écrivaine. (CC)
Akira hiramato - me and thr devils blues (big kana). 
J’avoue. Quoiqu’amateur de BD, je n’avais, à ce jour, jamais lu de manga et, honte sur moi, je ne connaissais pas Akira Hiramoto. J’ai d’ailleurs du prendre quelques cours avec le fils de ma collègue pour savoir comment se manipulait ce bazar qui se lit à l’envers, de droite à gauche, les doigts dans les oreilles et j’en passe. Tous ces efforts parce que le manga en question est consacré à la vie turbulente et turbulée de Robert Johnson. Bref, une fois la technique acquise (et croyez-moi, il y a des automatismes difficiles à vaincre), ces 250 pages offrent un périple fort bien orchestré - qui nous permet en plus de Johnson, de retrouver Son House ou, par une pirouette surprenante… Clyde Barrow (oui oui, celui de Bonnie and Clyde). Une approche volontiers cinématographique qui permet de se projeter plus intensément dans ce décor de plantations de coton et de juke joints. A découvrir ! (JPS )
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