Thomas Champagne Trio, Charon’s boat, (Igloo 207)
 
Thomas Champagne a commencé à étudier le jazz avec Nathalie Loriers et Fabien Degryse. De l’académie il est passé par la classe d’impro de Garrett List puis, à 19 ans, direction Conservatoire de Bruxelles où il suit les cours de Jeroen Van Herzeele et Steve Houben. Son premier album vient de sortir chez Igloo dans un répertoire Bop moderne. Des compositions originales qui font la part belle à l’impro, chaque soliste peut s’exprimer dans une grande liberté. On sent que Thomas Champagne a été bercé par Wayne Shorter, Lee Konitz et of course Coltrane. Thomas au sax est entouré de Nicholas Yates à la basse et Didier Van Uytvanck à la batterie. Une formation à découvrir, dès aujourd’hui en cd et bientôt en tournée promo, notamment le 28 mars à l’Aquilone à Liège. (CC)
Erik Truffaz : Rendez-Vous (3 CD’s Box EMI) A force de surfer sur la crête de la vague en associant son nom au rap, à l’electro, à l’ambient, au slam, au raï et que sais-je encore, le risque était grand de voir Erik Truffaz (ancien hard-bopper de l’écurie Blue Note, on a parfois tendance à l’oublier) se dissoudre dans la bataille (il ne serait pas le premier). Au contraire, plus le temps passe, et plus le Truffaz continue à nous étonner tout en suivant son own way (comme disait Bechet à Ansermet il y a un peu moins d’un siècle). A Paris avec la voix façon beatbox de Sly Johnson, à Benares avec le piano de Malcolm Braff, les tablas d’Apurba Mukherjee et la voix d’Indrani Mukherjee - qui nous rappelle le travail de Mariano avec le Karnataka College -, et à Mexico avec son vieux complice atmosphérique Murcof, Erik Truffaz mène sa barque musicale et même s’il lâche la bride à ses compagnons de route, sa trompette reste le coeur névralgique de son univers. Trois invitations insistantes au voyage et juste un léger, léger regret : l’absence, dans ce bilan des deux dernières années d’activité de Truffaz, ne serait-ce que d’une ou deux plages avec la jeune chanteuse suisse Sophie Hunger, qui avait partagé la scène avec lui et Malcolm Braff au Gaume Jazz l’an dernier.
Mais bon, que ça ne vous empêche pas de vous procurer ce coffret, qui vous fera passer le cap de 2009 en douceur et en sonorités venues d’ailleurs. JPS
Alain Gerber, Frankie le sultan des pâmoisons, Fayard.
 
Après ses romans consacrés, notamment, à Armstrong, Miles ou Chet, l’infatigable Alain Gerber s’attaque à Frank Sinatra. Du jazz et une certaine image de l’Amérique via la vie d’une figure inoubliable, c’est ce que l’auteur nous propose. « The voice » reste dans les mémoires non seulement par son image d’acteur-crooner mais aussi pour ses histoires d’amour tumultueuses (Ava Gardner, Nancy Sinatra, Mia Farrow), ses liens avec la mafia, avec les kennedy, etc Le livre de Gerber n’est pas une biographie mais plutôt un roman-chorale qui, via divers personnages, nous donne une vue d’ensemble du « héros » et de l’Amérique. Frankie voulait une vie en or, il voulait que l’on se pâme à ses pieds, mais tout cela a un prix à payer…
Zarate & Sampayo , Fly Blues, Futuropolis.
 Kenny Meadows, grand trompettiste de Jazz, se rend de Barcelone à Paris pour y enregistrer un disque avec Patrick Reggiani, jeune trompettiste inspiré. Lors d’une halte sur une aire d’autoroute, il se fait poignarder par une bande de jeunes qui vendent les images de leurs agressions sur internet. Autour de ces personnages gravitent une réalisatrice de dessins animés, un ingénieur du son, et... beaucoup de mouches!
Sur fond de violence omniprésente, Zaraté et Sampayo nous livrent une histoire haletante, attachante, dramatique mais pleine de vie, qui (l’air de rien) nous interroge sur les dérives de notre temps. Si vous en avez l’occasion, achetez cette bande dessinée, lisez-là, puis offrez-la pour Noël. Ce cadeau devrait faire mouche (oui, je sais , je ne suis pas fier...).(SP)
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