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Chroniques 02-2009 Version imprimable Suggérer par mail

Fabrizio Cassol : Pitié !   (Cypres 04)

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Les moins jeunes d’entre vous se souviennent peut-être de ces soirs de jams du début des années ‘80 où un jeune altiste serésien se faisait les dents en se demandant de quoi pouvait bien parler Jacques Pelzer quand il lançait comme consigne “Allez, fifi, anatole en Si bémol”. Le temps a passé et le jeune altiste est devenu une des figures les plus boulimiques de la scène musicale contemporaine. Parallèlement aux différentes hypostases d’Aka Moon, Fabrizio Cassol est depuis quelques années impliqué dans un partenariat fulgurant avec le chorégraphe Alain Platel. Partenariat d’où était né en 2006 le fascinant VSPRS, basé sur les Vèpres de Monteverdi. Le tandem Cassol/Platel nous propose aujourd’hui le tout aussi fascinant Pitié !  basé, lui, sur la Passion selon Saint Mathieu de JS Bach. Il fallait oser et Cassol a osé ! Comme dans VSPRS, Aka Moon assure la colone vertébrale rythmique/harmonique du projet ;  les parties chantées sont réparties entre voix lyriques et voix baroques, avec dans le rôle du Christ, l’étonnant contre-alto d’origine africaine Serge Kakudji, et dans celui de l’ange, le fabuleux Magic Malik qu’on découvre sous un jour nouveau et éclatant. Ajoutez à ce mélange la jeune trompettiste Airelle Besson, les violonistes Alexandre Cavalière et Tcha Limberger et l’accordéoniste Philippe Thuriot (souvenez-vous de son travail avec Houben-Pirotton Inc) entre autres, et vous aurez une toute petite idée du montage sidérant auquel est parvenu cette fois encore Fabrizio Cassol. Soyons clairs, stylistiquement parlant, il ne s’agit pas de jazz, même si le jazz est une des composantes de cette musique, ni même d’une xième mouture d’un third stream ressuscité. Il s’agit au contraire de rencontres authentiques qui ne se réduisent ni à des collages artificiels ni à des fusions réductrices, mais constituent, pour reprendre les termes de Christian Bethune,“un éclectisme et un syncrétisme qui constituent la chair même de l’évènement poétique et la condition de son actualisation” (Le jazz et l’occident, voir ailleurs dans ce Hot House). Et la construction, la gestion de l’émotion, la liberté relative offerte aux instrumentistes de Pitié !, devraient parler aux amateurs de jazz non intégristes. Un disque à savourer sans modération avant de pouvoir profiter du spectacle en live. JPS


 

Pirotton-Alleman Quartet : Parachute  (Igloo 205)

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Lorsqu’ils rédigeront la notice biographique de Jacques Pirotton, les historiens du futur souligneront sans doute la succession d’affinités électives qui jalonnent son parcours et l’associent pour un temps à un saxophoniste : Jacques Pelzer, d’abord,  Steve Houben ensuite et, aujourd’hui, un Fabrice Alleman qui pour l’occasion, renoue avec son premier instrument, la clarinette, et s’attaque sur quelques titres à sa grande soeur la clarinette basse. Un retour jubilatoire au bercail pour celui que le monde du jazz connaissait surtout comme saxophoniste, et, à la clé, une charge poétique et boisée qui, entre Buddy de Franco, Eddie Daniels et la tentation balkanique, fait d'emblée oublier la réputation parfois acide et grinçante de l'instrument. Doux terroristes de l'aventure musicale, subtils dealers de comptines acerbes et de sauvagerie bon enfant, Jacques Pirotton et Fabrice Alleman nous offrent un nouveau mode d'exploration intimiste du grand bleu. Une nouvelle synergie en forme de synthèse où l’accent est mis sur la couleur et la variété : variété de timbres, du quasi acoustique aux sons de synthèse, variété de construction, variété d’influences - excursions mondialistes (K-Dra), clin d’oeil appuyé à l’énergie rock (Chinese doll), débordements libertaires (l’intro de The Cake), adhésion à la fusion façon Scofield, climats captivants d’Untitled ou de December 13th, mélodies attachantes de Parachute ou de Canicule, thème acrobatique de Primitive. La plus mélodieuse des basses électriques, celle de Benoît Vanderstraeten, et la batterie de dentelle et d'énergie de Jan de Haas, merveilleux sculpteurs de sons et de couleurs, viennent seconder le tandem. Un quartet soudé, homogène, ouvert et créatif.  JPS


 

Christian Bethune : Le Jazz et l’Occident
(Klincksieck, collection d’Esthétique, Paris 2008)

 

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D’un livre qui débute par les mots “selon Merleau-Ponty”, on peut légitimement être amené à se méfier. Dans le cas présent, on aurait tort. Et on se priverait d’une réflexion de haut vol sur le jazz et la place qu’il occupe dans/hors de/aux marges de la culture occidentale. Il reste que la lecture de tels ouvrages n’est pas d’une accessibilité absolue et qu’elle nécessite quelques références philosophiques de base (ou un dictionnaire à portée de main !). Et sans doute Béthune aurait-il pu, sans dénaturer son propos, rendre le texte plus lisible et toucher du même coup pas mal de lecteurs potentiels que la forme risque de bloquer en cours de route. Mais une fois passé ce cap du langage, on aurait tort de bouder le plaisir et l’enrichissement que peut procurer ce livre. Les réflexions sur le rejet du jazz par une frange de la pensée occidentale (Adorno en est l’exemple-phare), sur les rapports ambigus et complexes entre communautés noires et blanches, sur l’éclectisme comme moteur du mécanisme jazz, sur le rapport au “bruit”, au “temps” ou au “désir” etc ouvrent des portes rarement explorées jusqu’à présent par les essayistes bleus. Un livre qui se mérite et qui rend plus intelligent. JPS

 



BORIS VIAN LE SWING ET LE VERBE  -  Nicole BERTOLT / François ROULMANN
(Textuel).


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Une écriture qui swingue, une véritable passion pour le jazz mise au service de nombreux textes dans les revues jazziques de l’époque ainsi qu’au poste de directeur artistique pour de grandes maisons de disques. Boris Vian explorait  et explosait divers champs de création.
Ce livre est un concentré de documents (photos, affiches, partitions...), souvent inédits, qui retrace le parcours créatif de l’auteur de l’écume des jours. La musique ayant laissé son empreinte dans sa production littéraire, entre autre dans le recueil “Les fourmis” ou les titres des nouvelles sont empruntés à des titres de standards de jazz américains. Vacances et trompette, impros à Saint-Germain-des-Prés, rencontres jazziques, neuf chapitres émaillent ce beau livre... à feuilleter, lire, contempler...
En avant la zizique... (CC)

 

Dernière mise à jour : ( 04-02-2009 )
 
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