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Chroniques 03-2009 Version imprimable Suggérer par mail

Alex Maguire Sextet, Brewed in belgium (Moonjune).

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J’avais découvert dans la salle feutrée de l’An Vert il y quelques mois et je me rejouissais de la sortie du cd... c’est chose faite. Je profite encore de l’ambiance live puisque le cd est le fruit d’un enregistrement au De Singel, d’où le titre bien choisi. Cela démarre par une ambiance intimiste où Alex Maguire nous offre une douce ballade pianistique pour s’échauffer rapidement dès que la rythmique s’en mêle. A propos de la rythmique, nous retrouvons l’ensemble de Wrong Object presque au complet : Michel Deville (gt) , Damien Pollard (eb) et Laurent Delchambre (dms) avec les souffles des deux jeunes djangos d’or 2007 et 2008 : Jean-Paul Estiévenart (tp) et Robin Verheyhen (as/ts). Au-delà de la qualité technique,  il faut remarquer qu’une bonne dose de concentration est nécessaire puisque la place est principalement laissée à l’expression de chaque soliste, le voyage est ainsi plus varié et plus riche. Un sextet qui propose une belle variation entre ambiance intimiste et punch jazzy.  (CC)


 

Eve Beuvens, Noordzee (Igloo)

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Eve Beuvens (pn) Joachim Badenhorst (ts/cl) Yannick Peeters (cb) Lionel Beuvens (dms)
Eve Beuvens a d’abord voulu jouer de la contrebasse. A 13 ans, elle a préféré se consacrer au piano car celui-ci semblait demander moins de force! En écoutant son premier cd, on se dit qu’elle a bien fait... Voici pour un premier disque une mâturité et une créativité étonnantes. Composant huit titres sur les dix présents sur le cd, elle passe en revue différents styles sans que le contraste ne se fasse envahissant. Vagabondant du funky-ludique “little scorpion” à la magnifique ballade “44”, en passant par le complexe et pourtant évident “Fragile”, il ne fait aucun doute que cette jeune femme a un don pour la composition. Non seulement dans l’écriture, mais aussi dans la mise en formes : ici, pas de chorus démonstratifs attendus, souvent stériles et barbants à force de vouloir s’affirmer dans les quelques mesures prévues à cet effet. Ici, le talent des musiciens se fond dans les thèmes avec comme leitmotivs l’écoute et l’art d’aller à l’essentiel (seuls deux morceaux excèdent les 5 minutes) dans une atmosphère qui leur est propre. Et à propos d’atmosphère, n’hésitez pas à tendre l’oreille sur la très envoûtante composition “Bij mij” de Yannick Peeters, une merveille de dépouillement, de jeu avec le silence et de finesse dans l’évolution de l’intensité (quelle envolée de Joachim Badenhorst!). Je ne peux que vous recommander très chaudement d’acheter cet album et d’aller voir le groupe au Centre Culturel d’Ans le 03 avril prochain. Vive la Mer du Nord. (SP)


 

ECM (Universal) : Nouveautés et rééditions

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A l’heure où l’on ne jure que par un world jazz où l’on mixe tout et n’importe quoi, parfois sans grand discernement, il faut bien le dire, on réécoutera avec jubilation le coffret “économique” qui réunit les trois disques du groupe Codona. Enregistrées en 1978, 80 et 82 par trois musiciens en avance sur leur temps, ces aventures musicales ont littéralement mis le jazz mondialiste sur les fonds baptismaux bleus. Bien sûr, Dollar Brand, Gato Barbieri ou John Mc Laughlin avaient ouvert largement les portes au mouvement, mais l’originalité de Codona tient dans l’universalité de la démarche : il ne s’agit plus de faire se rencontrer jazz et mélopées sud-africaines ou argentines ou ragas indiennes, mais de mettre le talent de trois multi-instrumentistes de haut niveau (Don Cherry, Colin Walcott et Nana Vasconcellos) au service d’une exploration à large spectre des musiques du monde SANS perdre de vue la dynamique centrale du jazz et de l’improvisation. Pari tenu : la musique de Codona est plus actuelle que jamais ! A découvrir ou à redécouvrir.  Au chapitre nouveautés, trois parutions : Cyminology, qui nous fait découvrir la chanteuse iranienne Cymin Samawatie ;  le nouveau disque d’Enrico Rava, New-York Days, enregistré par une sorte d’all-stars moderne (Mark Turner, Stefano Bollani, Paul Motian, Larry Grenadier) et néanmoins radicalement (trop radicalement ?) lié à l’esthétique ECM; et le 622ème opus du trio de Keith Jarrett : curieusement, on ne s’en lasse pas, tant l’approche des standards reste fraîche et originale - avec comme attrait particulier  pour ce volume enregistré en 2001, au Japon, des versions singulières de thèmes strictly be-bop, à commencer par l’emblématique Shaw Nuff : étonnant. Un bon complément au DVD Live in Japan 93/96 récemment édité. (JPS) Codona : The Codona Trilogy (ECM 2033-35) // Keith Jarrett : Yesterdays (ECM 2060) // Cymonology : As ney (ECM 2084) // Enrico Rava : New-York Days (ECM 2064)

 



Marc-Edouard NABE, Nuage & La Marseillaise, Le Dilettante.


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Deux rééditions du trublion Nabe chez Le Dilettante, deux textes hommages à deux musiciens de jazz : Django Reinhardt et Albert Ayler. Pour “Nuage”, Nabe, guitariste et jazzophile, dresse un portrait émouvant du manouche surdoué. Ecrites à la première personne, les quelques soixante pages voient défiler un jazzman-peintre, un fou de jeu(x), un portrait sensible de “son” Django: “Django Reinhardt est unnuage. Il est passé au-dessus du monde. Bien ouaté, tout en vapeur d’amour, il flotte dans le ciel inquiet, pour toujours.”

“La Marseillaise” est née, elle, un 14 juillet 1989, de l’inspiration du “Spirit Rejoice” d’Albert Ayler que Nabe a écouté en boucle, décortiqué, éviscéré... En politique Nabe est traité de facho mais je me questionne, comment peut-on l’être et aimer le jazz à ce point? car c’est vraiment de l’amour que Nabe porte au jazz. Fils d’un musicien de jazz, il est lui-même guitariste et son écriture possède un phrasé jazz évident. Mais outre l’auteur controversé, il ne reste que ces écrits jazz (avez-vous lu “L’âme de Billie Holliday”?) sont d’une qualité certaine. Une écriture dans laquelle  le phrasé se fait différent, plus haché pour coller avec le style Ayler et beaucoup plus poétique quand il évoque Django. Moi, j’aime beaucoup... mais âmes sensibles s’abstenir.   (CC)



Frank Médioni/Joëlle Léandre, A voix basse, Editions MF

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En juin nous recevrons Joëlle Léandre (mais on lèvera le voile en temps voulu, promis) pour “Femmes : Jazz, Littérature et Politique”, en prélude je me suis penchée sur le livre-entretien que vient de publier Frank Médioni. Sous forme d’un long monologue, Joëlle Léandre se livre de façon franche et avec un phrasé staccato, elle saute d’une pensée à l’autre, nous parle de ses rencontres (nombreuses et souvent fougueuses), de ses coups de coeur, de ses coups de gueule mais surtout de son amour pour son instrument: “Je suis bien du midi, et je vous parle de mon instrument qui a un gros cul, un long cou et une toute petite tête, et que j’ai ramené de l’arrière à l’avant-scène, et avec lequel j’ai enregistré plus de 120 disques, et j’en ai fait un instrument de femme.” Tout un parcours de vie plein d’émotions en chair et en os pour celle qui se revendique poétique et politique, celle qui “sort son tracteur”, son “tanck”, son “outil”, sa “boîte à malice”... Rencontre avec une passionnée “J’ai consacré toute ma vie à la musique qui m’a tellement donné. Grande dame, va! On devient certainement ce que l’on est parce que l’on a choisi de faire ce que l’on fait, et parce que l’on aime.” A méditer... (CC)



Dernière mise à jour : ( 21-04-2009 )
 
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