Chroniques 06-2009

CHRONIQUES LIVRES

" HARLEM HERITAGE ", Collectif, Riveneuve-Continents.

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 La Renaissance Harlemite reste une des étapes majeures de l’histoire noire américaine. Elle reste aussi la première grande articulation concertée entle jazz et cette même histoire, dont il devient soudain le véhicule patenté.
Ce numéro hors-série de la revue Riveneuve Continent met à l’honneur ce vaste mouvement de valorisation de la création black tous azimuths. Son intérêt majeur est, au-delà des études thématiques, de nous livrer une série de textes d’époque rares voire inédits en traduction française : à lire, sans la lentille déformante des historiens ou des critiques, les écrits de Claude Mc Kay, Langston Hughes; W.E.B. DuBois, Ted Joans etc, on comprend mieux encore l ’impact, voire, à certains égards l’actualité, de cette renaissance pas comme les autres, où la différence s’affirme enfin comme une valeur en soi.
A lire également dans ce recueil l ’intéressante interview de Michel Le Bris “Ces moments où quelque chose vient”.

JPS                      


" Piscine Molitor ", Cailleaux/Bourhis, Aire Libre .

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Drôle de titre pour une biographie de Boris Vian, non ?
Eh bien pas tant que ça, finalement. Il nageait dans cette piscine quelques heures avant de mourir, soit quelques minutes après le début de la projection du film tiré de son livre “J’irai cracher sur vos tombes”. Il était persuadé que nager en apnée améliorait l’état de son coeur, lui qui vivait depuis la petite enfance
avec une déficience cardiaque.
En plus de retracer assez fidèlement la vie de Boris Vian (l’enfance, les débuts comme musicien, l’écriture, le procès pour atteinte aux bonnes moeurs, les périodes creuses, etc ... ), cette bande dessinée est une véritable immersion au sein d’une époque, celle de la pataphysique, des caves, de Sartre et des débuts de Gainsbourg. C’est ce qui s’appelle un décor bien planté. Léger bémol graphique (à mon sens), il y a dans le trait une certaine raideur un peu dérangeante au fil des pages. Néanmoins, l’équilibre entre la biographie et l’intérêt pour le contexte rend cette bande dessinée intéressante et prenante.

SP                        


 

CHRONIQUES CD's

 

PASCAL MOHY TRIO, Automne 08, Igloo ( IGL209).

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 S’il y a bien un disque que j’attendais de pied ferme, c’est bien ce premier opus de Pascal Mohy. J’ai failli dire “notre” Pascal Mohy, tant nous le suivons avec passion depuis ses premiers et timides chorus des choucroutes d’antan, chorus saupoudrés de feeling Garland du meilleur aloi.
Le drame, quand on se réjouit trop longtemps de quelque chose, c’est qu’on risque d’être déçu à l’arrivée. Et je l’avoue, à la première écoute, j’ai eu l’ impression fugace qu’il me manquait quelque chose - sans doute la fulgurance des derniers concerts live auxquels j’avais assisté. Puis j’ai remis l’aiguille au début du premier sillon (c’est une image), une fois, deux fois, dix fois. Et au final, il ne me restait qu’une chose à faire : me traiter d’abruti, une fois de plus. Un disque n’est pas un concert. Et attendre la même chose de l’un et de l’autre relève de la bêtise pure. Et par ailleurs, un disque (un vrai disque, pas une production standard annuelle), ça se mérite. Les 10 plages de cet album vont à l’essentiel, au coeur du piano jazz. Au coeur du jazz tout court. Un jazz mature mais ouvert à l’aventure. Un jazz aux limites auto-imposées. Sans esbrouffe ni démonstration. Oui, Pascal a eu mille fois raisons d’attendre plutôt que de céder à la pléthore discographique ambiante. Il nous offre un condensé de 10 années d’évolut ion et de construction d’un univers musical personnel et enraciné.
Avec Sal La Rocca et Joost van Schaaik, impériaux, Pascal ose un trialogue permanent, alternant moments de groove et de swing et dérapages savamment contrôlés. Lui qui, il y a quelques années, se refusait à composer, nous offre aujourd’hui, entre deux de ces standards qu’il aime toujours autant, quelques petits bijoux qui nous entrent aussitôt dans l’oreille et qu’on a l’impression de connaître depuis la nuit des temps (Jojo, 6-4-2).
Mission accomplie : l ’aventure discographique de Mohy, Pascal, pianiste, a commencé.

JPS                      

 


Dernière mise à jour : ( 27-10-2009 )