Un minimum de blabla et un maximum d’images, voilà notre choix pour évoquer l’exposition Jazz & Bande dessinée que la Maison du Jazz a initiée en partenariat avec l’ESA Saint-Luc Liège. C’est évidemment dans les salles de Saint-Luc qu’elle se tiendra du 4 au 27 avril. 

Jazz et bande dessinée ont pour premier point commun d’être apparus avec le 20ème siècle. L’un et l’autre ont également été l’objet d’un jugement dominant peu enviable, en étant longtemps (dé)considérés comme des sous-cultures, discriminées jusqu’à la caricature (de la musique de «sauvages», des «illustrés» destinés à des cancres…). Cependant, ces deux-là ont mis quelque temps pour se rencontrer. Timide jusqu'au tournant des années 70-80, le couple jazz et bande dessinée s’est depuis montré plus fécond et s’est révélé à un public élargi sous toutes sortes de formes (didactiques, biographiques, historiques, romanesques etc.). 

Ceci dit, ça ne percute pas encore chez tout le monde avec la même évidence. Présentée à Trente, Paris et Barcelone en 2009, “Le Siècle du jazz”, expo des plus conséquentes consacrée à la relation entre le jazz et les arts visuels, n’avait pas montré, ni dit grand-chose de ce qui touchait à la bande dessinée. A la Maison du Jazz, en toute modestie, le neuvième art a trouvé sa case dès l’origine. Un peu parce que notre Grand Schtroumpf, bleu comme pas deux, est aussi un fervent amateur des petits Mickey et beaucoup parce que la diversité et l’ouverture sont des credos pratiqués.

C’est ainsi qu’au fil des ans, les cimaises de la galerie Jacques Pelzer ont notamment accueilli le travail de Louis Joos, Yves Budin, Jean-Claude Salemi, Jampur Fraize, Paul Parker, Cédric Delièvre, Hugues Picha et Guillien Guinefort. En 2012, le manque de place pour nos bureaux a eu raison de cette galerie et depuis 2020, nous avons décidé de nous relancer dans l’organisation d’expositions, désormais en dehors de nos murs.

L’idée de retracer un parcours historique de la relation jazz et bande dessinée n'a fait que nous effleurer. Nous avons préféré célébrer le vivant en présentant un panorama contemporain de la création en Belgique, avec un focus sur Louis

Joos. Celui-ci est aujourd’hui une référence internationale dont une bonne part de l’œuvre graphique s’appuie sur le jazz et son univers. Pour rappel, le précédent numéro de Hot House a proposé en prélude à l’expo une interview de ce maître du noir et blanc.

Mais cette expo est collective et elle vaudra par sa multiplicité et sa diversité. Que l’on pense aux techniques avec les travaux de gravure de Jean-Claude Salemi, aux genres avec le dessin animé de la paire Stéphane Aubier et Vincent Patar, auteurs du dernier clip d’Aka Moon, au volet illustration, qu’on ne saurait totalement dissocier de la bd et qu’incarnent ici Thierry Bouüaert et Yves Budin, à une participation féminine bienheureuse personnifiée par Anne Citron et Sisca Locca, à une touche de blues avec Jean Bourguignon, à des auteurs reconnus et profs à Saint-Luc tels que Fifi, Hugo Piette et Eric Warnauts (& Guy Raives), ou encore à de l'inédit comme la variation en douze tableaux qu’a réalisée Joe G. Pinelli à propos de Chet Baker, et last but not least à François Walthéry, joueur d’harmonica et fana de jazz comme un certain Walter dans les aventures de Natacha. N’oublions pas Jampur Fraize, invité parce qu’on était obligé — c’est pas vrai — vu qu’il est notre graphiste attitré — ça, c’est vrai — et l’insider indispensable pour réunir une telle affiche — et ça aussi.

Jetez donc un œil sur ce qui figure dans ce numéro de Hot House et, surtout, venez jeter les deux sur place. 

Ouvert du mardi au vendredi, de 14h à 18h

Ouverture exceptionnelle le samedi 27 avril, de 11h à 19h

Entrée gratuite

ESA Saint-Luc - 41 bd de la Constitution 4020 Liège