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Vidéos Jazz Saison 2
Chaque jour une vidéo à déguster (dé)confiné!

Retrouvez les anciens posts dans l'onglet Activités vidéo Jazz saison 1

Copenhague 1967. Le Duke, en plus d’une séance avec l’orchestre au complet, enregistre une magnifique émission de télévision en septet, dont, si je ne me trompe (mais je commence à m’y perdre, quasi cent jours plus tard), je vous ai déjà proposé le featuring de Paul Gonsalves. A son fidèle Johnny Hodges, entré dans l’orchestre en 1928, et qui ne le quittera que quelques années au début des années ’50, il propose de s’illustrer dans la magnifique composition de Billy Strayhorn, Passion Flower. La mélodie à l’état pur !

1964. Herbie Hancock enregistre l’album Empyrean Isles en quartet avec Freddie Hubbard, Ron Carter et Tony Williams. Sur ce disque figure un de ses plus grands succès, Cantaloupe island, avec ce mélange de bop et de groove plus dansant. Un thème qui deviendra un standard pour les jams à venir. Et qui sera repris, façon acid jazz, par le groupe US3 dans les années ’90 (sous le titre Cantaloop), avec partie rap à l’appui. Mais Hancock entretemps a continué lui-même (et il continue encore aujourd’hui) à revisiter sa composition dans les formules les plus diverses : pour cette version, nous sommes en 1990 et le pianiste a à ses côtés trois monuments du jazz contemporain : Pat Metheny (gt) Dave Holland (cb) et Jack de Johnette (dms).

Remarquée en France au sein des Blue Stars, groupe vocal dans lequel se trouvait également Sadi, Blossom Dearie (1924-2009), Blossom Dearie y rencontre Bobby Jaspar qu’elle épouse. Norman Granz lui fait signer un contrat pour Verve et elle enregistre quelques albums superbes, toujours impeccablement accompagnée par des légendes comme Ray Brown ou Jo Jones, elle-même jouant du piano de manière très subtile. En 1965, Jack Dieval, pianiste, homme de radio et de télévision, et fumeur de pipe, l’invite à jouer une version d’I wish you love (Que reste-t-il de nos amours ?) avec Jacques Hess (cb) Franco Manzecchi (dms). A la demande de Blossom, Dieval et Blossom nous offrent ensuite un quatre mains sur le blues.

Après sa période bossa et sa période jazz-rock, Stan Getz découvre, lors d’un passage à Paris, un trio qui le fascine au point qu’il décide d’engager les trois musiciens pour ses prochains concerts ainsi que pour un double album live enregistré au Ronnie Scott de Londres (Dynasty). Le trio en question est basé sur la formule orgue/guitare/batterie mais avec un son et un feeling bien différents de l’école Jimmy Smith. A l’orgue, Eddy Louiss, à la guitare, un certain René Thomas et à la batterie Bernard Lubat. Pour une télévision filmée à Paris, Getz joue Dum Dum, avec à la clé des chorus d’orgue et de guitare. Une des formations les plus originales qu’ait dirigé le saxophoniste à cette période de sa vie.

A Bern, en 1988, le quartet d’Oscar Peterson (pn) avec Ulf Wakenius (gt), Dave Young (cb) et Louie Bellson (dms) se voit renforcé par une brochette de solistes hors normes : Harry Sweets Edison, ancien soliste de Basie (tp), Clark Terry, un des rares solistes à avoir illuminé les orchestres de Basie et d’Ellington (tp), Clifford Jordan, hard-bopper jadis partenaire de Mingus (ts) Dizzy Gillespie, co-créateur du be-bop (et du jazz moderne). Pour cette jam dans laquelle tous ces monuments de l’histoire du jazz avaient encore l’âme habitée de jazz et la technique suffisante pour l’exprimer, le choix s’est porté sur un thème be-bop historique, Ow ! Ajoutez un w, et ça donne Wow, tout simplement !
https://www.facebook.com/oscarpetersonlegacy/videos/707982153307071/

En 1961, le réalisateur Shephard Traube tourne un court métrage reconstituant en une demi-heure une jam-session after hours (d’où le titre du film), ces séances où se retrouvent les jazzmen, après leur boulot alimentaire, afin de jouer, ensemble, ce qu’ils ont envie de jouer et rien d’autre. Plus de public, juste des potes musiciens qui ne prennent même pas le temps d’ôter leur chapeau, et le personnel du club, qui profite enfin d’un spectacle pour happy fews. A l’occasion, n’hésitez pas à regarder ce film en entier, vous y verrez également Roy Eldridge et quelques autres. Au centre de ce Lover Man, un autre géant du middle jazz, qui n’est sans doute plus l’immense saxophoniste qui donna ses lettres de noblesse au ténor dans les années ‘30/’40 mais qui reste un musicien imaginatif et sensible : aux côtés de Coleman Hawkins, cet extrait nous permet aussi (et ce n’est pas si souvent) de voir et d’entendre le pianiste Johnny Guarnieri, le guitariste Barry Galbraith, le bassiste Milt Hinton et le batteur Cozy Cole.

C’est pas un scoop, seuls quelques chanteurs français ont eu la grâce, appelons ça comme ça, de faire swinguer la langue française : et en tête de ce peloton – avec un petit accent du pays d’Oc en prime – monsieur Claude Nougaro. A son répertoire, un mélange de créations originales et de reprises de standards de jazz. A ses côtés, de grands jazzmen comme Eddy Louiss ou Maurice Vander. En 1994, il est au cœur d’un concert qui a une résonnance toute particulière en ces temps de folie épidémic-mac : un concert sans public au Théâtre d’Enghien. De lumineux invités comme Michel Petrucciani ou Dee Dee Bridgewater. Avec Dee Dee et Maurice Vander au piano, Nougaro chante Autour de minuit, traduisez : Round Midnight de Thelonious Monk. Et en bonus le plaisir de retrouver dans la rythmique le batteur Chris Strick, et le bassiste qui fit les plus grandes nuits de Gouvy, un certain Hein Van de Geyn qu’on embrasse au passage.

Le grand art de Michel Petrucciani s’est surtout exprimé à travers des prestations en trio, en duo ou en solo. Il lui est pourtant arrivé également d’étendre ses formations, comme ce fut le cas en 1998, lorsqu’au festival de Nice entre autres, il donna des concerts avec une rythmique brûlante (Anthony Jackson et Steve Gadd) et trois souffleurs et non des moindres : Flavio Boltro (tp) Stefano di Battista (sax) et Denis Leloup (tb). Ils jouent successivement Take the A Train et Rachid.

1971. André Francis présente régulièrement des émissions de jazz à la télévision française (l’ORTF à l’époque). Pour cette émission, l’invité est le sax américain Johnny Griffin, qui a réuni un quartet pour l'occasion. Toutefois, pour le dernier morceau, Blues for Harvey, il nous offre un duo avec le batteur du groupe. Et quel batteur. Il a joué avec les plus grands, Charlie Parker, John Coltrane, Miles Davis, Monk etc. Il vivra plusieurs années parmi nous à Liège. Son nom : Arthur "Art" Taylor. Remember Mr A.T., from the Quai des Ardennes.

Cyro Baptista est brésilien, il est né en 1950. En 1980, il perfectionne son travail de percussionniste au Creative Music Studio de Woodstock, dirigé par Kart Berger. C’est ensuite la rencontre avec John Zorn mais aussi avec Herbie Hancock, Cassandra Wilson et Wynton Marsalis. C’est dire la variété de son vocabulaire. En 2004, il est l'un des invités de l’émission hors normé Solo : The Jazz sessions (après John Abercrombie, Bill Frisell, Joe Lovano, Brad Mehldau et bien d’autres). Sept minutes 24 de voyage à travers l’univers du rythme et des percussions, notamment avec à l’appui une série d’instruments créés par Baptista lui-même.

Si certains jazzmen ont été surfilmés (pas de noms !), on sait que d’autres, et non des moindres ont été boudés par les caméras tout au long de leur vie (Django, Charlie Parker et Clifford Brown figurant en tête de ce triste hit-parade). Mais au chapitre des hard-boppers il y aussi des inégalités flagrantes. Si on possède des kilomètres de films montrant Johnny Griffin, Rollins, Benny Golson, Jimm Heath et d’autres – et on ne s’en plaint pas-, quid de ces grands musiciens qu’on nomme parfois avec un soupçon de mépris les « seconds couteaux » ou les « petits maîtres » ? Combien possède-t-on de vidéos de Hank Mobley ? De Tina Brooks ? D’où la bonne surprise que constitue cette tenor battle entre David Newman et Tina Brooks ! Si le premier apparaît souvent dans les captations de concerts de Ray Charles, pour Tina Brooks, bernique ! Jusqu’à cette version de Birth of a Band filmée lors du concert du Genius au Brésil en 1964 ! Welcome, Tina !

Parmi les partenaires privilégiés de Cecile McLorin Salvant, en dehors des membres de son trio, on trouve régulièrement l’ami Jacky Terrasson. En 2012, au festival de St Emilion, ils nous offrent une très belle composition du pianiste, Oh my love, qui figure sur l’album de Terrasson intitulé Gouache. Burnin Travis (cb) Justin Faulkner (cb) et le pétillant Minino Garay (perc) accompagnent avec finesse ce tandem qui restera sans doute inscrit dans l’histoire du jazz des débuts du XXIème siècle. Et avouez que je n'abuse pas : seulement deux fois Cecile en près de 80 vidéos confinées, franchement...

Encore un petit crochet par la soul des années ’60. A côté d’Otis, d’Aretha ou de James Brown, il y avait aussi parmi les gars qui me faisaient bouger sinon danser, ce tandem décapant appelé Sam and Dave (de leurs vrais noms Samuel Moore et David Prater). Formé en 1961, le tandem atteindra la première place des charts en 1966 avec ce Hold on I’m coming filmé lors du Stax and Volt Tour (Steve Cropper and cie). Influence gospel désacralisé garantie. Energy !

Après un démarrage fulgurant à la fin des années ’50, le jeune trompettiste Freddie Hubbard travaille avec Coltrane, Dolphy et participe même au Free Jazz d’Ornette Coleman. Puis il recadre son travail dans un registre plus hard kop à travers ses propres disques pour Blue Note mais aussi en tant que sideman (Benny Golson, Hank Mobley, Quincy Jones etc). En 1963, il remplace Lee Morgan au sein des Jazz Messengers. Boulimique, Hubbard continue, parallèlement aux tournées avec Blakey à enregistrer sans cesse. Précis et puissant, son jeu prolonge, à travers celui de Lee Morgan ou de Donald Byrd les innovations de Clifford Brown, avec des accents modernistes qui le distinguent des autres hard-boppers. En 1967, au festival de Molde, pour ce Birdlike, il est (superbement) entouré de Kenny Drew (pn) du jeune NHOP (cb) et d’Alex Riel (dms).

Pour commencer la semaine, un des plus vieux Mickey “musicaux”, The Jazz Fool (Le fou de Jazz) sorti en juillet 1929. Mickey dirige une troupe musicale itinérante, proposant une musique aux frontières de la Novelty Music, du rag et du jazz naissant. Savourez au passage la partie de percussion dentaire d’Horace, le cheval et la partie la plus « jazz », le solo de piano de Mickey (avec une quasi blue note façon Jelly Roll Morton vers 3’52). Le concert se termine, comme c’est souvent le cas, par une rixe entre le musicien et son instrument. Et si vous n’avez jamais vu les fesses d’un piano, eh bien c’est pour aujourd’hui !

Si la grande période créative de Louis Armstrong, celle où il a littéralement mis le jazz sur les rails remonte bien aux années ’20, jusqu’à sa mort, il a continué à incarner le jazz. Depuis la fin des années ’40, parallèlement à ses enregistrements plus commerciaux, il tournera inlassablement à travers le monde avec un all-stars conçu selon la formule New-Orleans. En 1965, à Berlin, il a à ses côtés le trombone Tyree Glenn, le clarinettiste Eddie Shu, et les fidèles Billy Kyle au piano, Arvell Shaw à la basse et Danny Barcelona aux drums. Il joue et chante Black and Blue, écrite par Fats Waller en 1929.

Parmi les têtes d’affiche des grands festivals d’aujourd’hui, figure incontestablement le contrebassiste d’origine israélienne Avishai Cohen (à ne pas confondre avec le trompettiste du même nom, membre des Three Cohens). Révélé au sein du New Trio de Chick Corea au début des années ‘90, il a très tôt démarré une carrière de leader : sa virtuosité affolante, son imagination sans limites et la puissance de son jeu ont séduit un public de plus en plus large. Au festival de Marciac en 2016, il était accompagné » par le pianiste Omri Mor et le batteur Noam David. Ils réinventent façon Power Trio le vieux Besame Mucho !

A la Maison du Jazz, la dernière soirée video de cette foutue saison était consacrée au sax baryton. Ce vendredi où, à minuit, tout s’est arrêté. Cette soirée, je vous l’ai dit à l’époque, était une demande spéciale de notre ami Marco Dujardin, emporté par le virus peu de temps après. Parmi les barytons défilant sur l'écran, il y avait évidemment celui qui reste peut-être mon préféré, monsieur Pepper Adams. Sonorité puissante et tranchante (on ne le surnommait pas The Knife pour rien), phrasé bouillonnant, lyrisme troublant, Pepper est un des plus sous-estimés des spécialistes de l’instrument. Avec Clark Terry (flgh) Lars Sjösten (pn) Sture Nordin (cb) et Egil Johansen (dms), il joue le Straight no chaser de Monk. Nous sommes à Stockholm en 1978.

Peut-être ne connaissez-vous pas Molly Johnson, chanteuse canadienne originaire de Toronto. Elle a pourtant 8 ou 9 albums à son actif, elle a chanté pour Nelson Mandela et a initié une fondation dont l’objectif était la lutte contre le Sida. Et surtout, elle a beaucoup de talent ! Parmi les quelques versions de Summertime qu’elle nous a laissées, j’ai un petit (un grand) faible pour celle-ci, filmée à Montreal en 2002, avec le pianiste Andrew Craig (excellent) le bassiste Mike Downes et le batteur Mark McLean. A découvrir !

Et on revient une fois encore à ces émissions The Subject is jazz. Invité d’honneur de cette émission consacrée au Futur du Jazz (1958), l’arrangeur George Russell, futur pape du Third Stream. Au cœur de ce sublîme Concerto for Billy the Kid, entouré par une petite formation où on reconnaîtra entre autres Art Farmer, Jimmy Cleveland, Barry Galbraith etc, un jeune pianiste en pleine ascension, à qui est dédié ce concerto : porté par les arrangements de Russell, Bill Evans nous offre un solo éblouissant. A emporter sur l’ile déserte (je sais, elle commence à être encombrée, mais ça, vraiment, on ne peut pas passer à côté).

Hommage à Brassens à travers une chanson peu connue mais superbe, le 22 septembre, qui se termine par cette phrase : "Le 22 septembre aujourd'hui je m'en fous, mais c'est triste de n'être plus triste dans vous". Nous sommes à La Louvière en 1991 avec Richard Rousselet (tp) Paul Bourdiaudhy (tb) Steve Houben. (fl) Nathalie Loriers (pn) Jean-Louis Rassinfosse (cb) Jan de Haas (dms)

Take Five, Blue Rondo à la Turk, Three to get ready, In your own sweet way, autant de succès planétaires écrits par Dave Brubeck et son partenaire Paul Desmond pour un des quartets les plus populaires des campus américains des fifties puis des plus grandes scènes internationales. En 1964, ce quartet (Desmond à l’alto, Brubeck au piano, Gene Wright à la basse et Joe Morello aux drums) est de passage en Belgique et est (très bien) filmé par la RTB. Parmi les titres moins connus, figurant au programme de cette émission Jazz pour Tous, ce Koto Song initialement paru sur l’album Jazz Impressions of Japan. Entre feeling bluesy et évocations orientales. Intemporel !