EDITO

 

A force de pratiquer l’équilibrisme entre année civile et saison d’activités, on finirait par y perdre les quelques neurones qui nous restent. Ainsi, c’est bien cette année – mais la saison dernière - que Trump a pris le pouvoir, que la France (et pas que la France) s’est macronisée et que chez nous, on a coupé la prise politique, juste avant les vacances, mettant en péril, la concrétisation de 1001 dossiers liés à la santé, à l’éducation, à la culture, au social (toutes ces petites choses bien pusillanimes pour le monde du pognon). Evidemment qu’il fallait réagir aux abus et aux incroyables excès dont étaient responsables (irresponsables) depuis des années quelques Immondes, tous partis confondus. Mais était-ce le moment de tout bloquer, alors que le pays (le vrai pays, celui des gens qui bossent) attend de savoir à quelle sauce il va être mangé ?  Et on revient à l’équilibrisme : j’écris ces lignes en juin, mais elles ne seront publiées qu’en septembre (problèmes de vacances, d’imprimerie, de délais etc). Je suppose que les lignes en question seront obsolètes en septembre. Mais dans quel sens ? Quels gouvernements seront en place ? Quels cabinets vont ou non entériner les propositions examinées par les commissions au printemps ?  Si Publifin, le Samu Social ou le Kazakhgate donnent la gerbe, la mise au frigo de tant de dossiers importants et sensibles serait également de nature à nous filer une légère nausée. Mais gardons l’espoir(e).

 

A propos de jeux de temps, nous allons, cette année, faire un sacré bond temporel, à la Maison du Jazz, en nous plongeant pour 72 heures en immersion dans l’année 1958. J’avais quatre ans : mes souvenirs personnels sont donc quelque peu faiblards mais les disques, les vidéos, les magazines sont là pour ressusciter une époque particulièrement riche en jazz (voir ci-dessous). Si vous possédez photos, documents, souvenirs de cette année, n’hésitez pas à nous contacter (et on ne parle évidemment pas de la communion solennelle de votre grande sœur ni de vos premières papouilles derrière l’église ni de la première bière que vous avez régurgitée au pied d’une scène de concert comme un bébé saturé de lait). Non, des souvenirs liés à la musique, bien sûr, de près ou de loin.

 

Equilibrisme toujours : nous ne pouvons évidemment rien vous dire de nos coups de cœur des festivals d’été puisque ce Hot House est rédigé avant que ne résonnent les premières notes du premier d’entre eux. Les programmes alléchants du Brosella, de Dinant, de Gent, de Gouvy, du Gaume Jazz, d’Eben, du Middelheim, de Jazz 04 auront-ils tenu leurs promesses ? Qui seront les révélations de cet été 2017 ? Quelles sont les nouvelles circonvolutions du delta jazz qui vont cette année encore en modifier les contours ? Autant de questions auxquelles nous ne pourrons vous répondre que dans les mois qui viennent.

 

Et à propos de questions, c’est à notre tour de vous en poser quelques unes. The times they are a changin’ et nous vous soumettons, encarté dans ce numéro, une sorte d’espèce de manière de petit referendum lié à ce Hot House que vous tenez entre les mains (ou entre les pieds, sentez-vous libres). Ce serait sympa d’y répondre (par courrier, par mail, comme vous le souhaitez), l’idée étant à la fois de ne pas manquer un train, mais de ne pas non plus vous laisser sur le quai de la gare (ça c’est une image !). Quoiqu’il en soit, on reprend la route, rendez-vous autour du 15 pour la reprise des cours à Liège et Bruxelles et en avant pour une nouvelle saison pétillante, swinguante, inventive et moussue. Here we go !

JPS